QUELLE RESISTANCE POUR LE MATERIEL D’ALPINISME ET D’ESCALADE


FORCE MAXIMALE DANS LA CORDE POUR LA PIRE DES CHUTES.
    Lors d’une chute en facteur deux (hauteur de la chute égale au double de la longueur de corde disponible) la Force maximale transmise par la corde est de 1200 daN, pour une masse tombante de 80 kg. Cette valeur est la valeur maximale pour la Force-choc exigée dans la Norme EN 892 (et UIAA 101) lors de l’essai dynamique sur les cordes.
    Pour cet essai une masse de 80 kg est larguée 2,3 m au-dessus d’un point de renvoi, soit une hauteur de chute  de 4,6 m pour une longueur de corde de 2,6 m (2,3m + 0,3m - distance entre le point de renvoi et le point de fixation de la corde-). Le facteur de chute est alors de 1,8 très proche de 2. La tension de la corde coté masse doit alors être au maximum de 1200 daN.
    Cette valeur de 1200 daN doit être ainsi considérée comme la force maximale qui peut être excercée par la corde sur le harnais du grimpeur lors de la pire chute. De cette valeur on déduit les résistances des différents autres matériels suivant leur utilisation.

FORCE MAXIMALE SUR LE GRIMPEUR ET SUR LE POINT DE RELAIS.

    Dans ce cas on considère l’assureur auto-assuré sur le relais, assurant directement le leader soit avec un frein placé directement sur lui soit avec le frein directement sur le relais.
Il n’y a pas de point de renvoi.En cas de chute du leader (facteur 2) toute la chaine d’assurage doit tenir 1200 daN : harnais, connecteurs,dégaines, sangles et point de relais.
    L’utilisation d’un frein d’assurage peut évidemment réduire significativement les forces eu jeu, mais si la corde se bloque en aval du frein ou si un nœud empêche le bon fonctionnement du frein, on peut se retrouver dans la pire des situations. Ainsi la sécurité du relais étant un point essentiel il est demandé à un tel relais de tenir au moins 1200 daN.
    Dès lors qu’un point de renvoi est en place, l’effort sur le relais est très diminué mais il s’applique vers le haut, d’où la nécessité d’avoir un relais multidirectionnel.
    Les freins manuels de type 8, tubes ou plaquettes perdent une grande partie de leur pouvoir freinant pour une chute directe en facteur 2, ils sont même dans ce cas là déconseillés, aussi dès lors qu’ils sont utilisés, le relais doit opérer comme premier point de renvoi.


FORCE MAXIMALE SUR LES POINTS DE RENVOI.

    Lorsque la distance entre points de relais et point de renvoi est faible ou lorsque le relais est utilisé comme point de renvoi la chute peut être pratiquement de facteur 2 et l’effort coté chuteur atteindre 1200 daN. Par « effet poulie » , il faut alors excercer une force de 1200 daN (frottements négligés) pour retenir la chute : le point de renvoi est alors soumis à 2x1200= 2400 daN. Dans la réalité les frottements et déformation de la corde sur le mousqueton de renvoi absorbent une énergie importante, et en moyenne on peut considérer que la force de retenue n’est que les  2/3 de la force excercée. Ainsi 1200 daN sont retenus par une force de 800 daN et le point est sollicité à 1200 + 800 = 2000 daN.

Notons qu’avec un matériel usagés (corde, mousquetons) on peut espérer des frottements supérieurs qui réduisent d’autant la force de retenue et donc l’effort sur le point.


FORCE SUR LE POINT DE RENVOI LORS DE L’ASSURAGE  DYNAMIQUE.

    Lors de l’assurage dynamique la force connue à considérer n’est plus celle du coté du chuteur mais la force maximale de freinage que le frein peut engendrer.
    De nombreuses études ont démontré que pour les freins manuels ( 8, tubes,plaquettes),
cette force de freinage est au maximum de 250 daN, et le plus souvent ne dépasse pas 200 daN. Cela dépend de la géométrie du frein, des caractéristiques de la corde et bien sûr de la force que la main de l’assureur est capable d’excercée. Dans ce cas le chuteur est soumis à une force F, telle que 2/3 F = 250 soit F = 375 daN, et le point est soumis à 250 + 375 = 625 daN. Cette valeur est considérée comme l’effort maximal auquel peut être soumis un mousqueton tant est que l’assurage dynamique est effectif. C’est ainsi que la norme sur les mousquetons demande une résistance minimale de 700 daN pour la résistance en doigt ouvert ainsi que pour la résistance transversale.


RESISTANCE MINIMALE DU POINT DE RENVOI

    Des études expérimentales ont démontré que lors de la chute minimale d’un grimpeur de 80 kg, l’effort sur le point de renvoi est au moins de 300 daN.La chute minimale est une chute au niveau du point de renvoi ou seule l’élasticité de la corde permet de chuter. On peut considérer cette valeur de 300 daN comme la résistance minimale acceptable pour un matériel d’escalade.



NOTE IMPORTANTE :

L’idée selon laquelle plus le leader progresse en posant des points d’assurage et plus le facteur de chute devient faible doit être très largement tempérée par la prise en compte « du tirage » sur la corde du aux nombreux frottements dans les mousquetons et sur le rocher. En effet si le tirage devient très important alors ce n’est qu’une faible longueur de la corde déployée qui va pouvoir s’étirer et diminuer la force d’impact. Ainsi un très fort tirage peut même mener  à un facteur de chute sur le dernier point proche de 2 ! le point donc alors être très résistant pour tenir en cas de chute. Il est donc très important d’éviter les situations avec fort tirage.

PLAGES DE RESISTANCES POUR LES MATERIELS D’ALPINISME ET D’ESCALADE
ET NOTAMMENT LES COINCEURS



 RESISTANCES   AU RELAIS   AU POINT DE RENVOI
 R >20 kN Si correctement placé,  suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles.
 12kN <R< 20kN Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors de la pire des chutes possibles Si correctement placé, suffisamment résistant  pour tenir lors de la pire des chutes possibles, tant est qu’un assurage dynamique est utilisé et est effectif.
 7kN < R< 12 kN  Non recommandé. Si on ne peut faire autrement doubler le point avec un matériel de résistance au moins équivalente de manière à diviser la charge sur chacun des points Si correctement placé, suffisamment résistant pour tenir lors d’une chute tant est qu’un assurage dynamique est utilisé et est effectif.
Mais insuffisant pour tenir des chutes importantes sans assurage dynamique
 3 kN < R < 7 kN  Non- utilisable pour un relais. Même utilisé correctement et avec un assurage dynamique effectif ne peut tenir lors d’une chute
Si possible, doubler le point avec un matériel de résistance au  moins équivalente de manière  diviser la charge sur chacun des points