LES CONNECTEURS

 Sous ce nom sont regroupés les mousquetons classiques de formes variées avec doigt articulé et avec ou sans verrouillage de celui-ci, ainsi que les « maillons rapides ».

Historique et présentation de la Norme
Inventé au début du 20ème siècle dans les Alpes orientales, le mousqueton est avec la corde, la pièce essentielle du matériel d’escalade. C’est lui qui a permis son prodigieux développement en permettant au grimpeur de s’assurer avec commodité et sûreté en reliant la corde à un point d’ancrage : d’abord anneau placé sur becquet rocheux, puis pitons et coins de bois et aujourd’hui plaquettes, coinceurs et broche à glace.

     Normes EN 12 275 et UIAA 121

Les trois principaux tests de résistance statique :

- Résistance selon le Grand Axe, doigt fermé : 20 kN

Le cas le plus défavorable de charge d’un mousqueton est lorsque celui-ci est utilisé en point de renvoi. Pour la chute la plus défavorable, on peut avoir 12 kN sur le brin du chuteur (valeur maximale : voir norme corde), les frottements et énergie de déformation de la corde, réduisent au 2/3 de cette valeur l’effort nécessaire sur le brin de retenue soit 8 kN. Le mousqueton se trouve donc sollicité au maximum par 12 + 8 = 20 kN.

- Résistance selon le Grand Axe, doigt ouvert : 7 kN

On a mesuré l’importance de la valeur de cette résistance lorsque, à la fin des années 80, cette valeur est passée de 9 kN (UIAA) à 6 kN (DIN). De nombreux accidents dus à des ruptures de mousqueton ont alors été constatés. En effet, de manière intempestive et à l’insu du grimpeur, le mousqueton peut se trouver en position ouverte lors de la chute (choc contre le rocher, retour brutal de la dégaine, vibration du doigt due aux vibrations de la corde qui se tend : voir articles ci-après)

La valeur de 600 daN définie alors dans la Norme DIN provenait de l’étude sur l’assurage dynamique avec demi-cabestan, huit ou tube qui démontrait que la tension côté assureur était au maximum de 250 daN (conjugaison du freinage de l’appareil et du freinage de la main de l’assureur), soit 350 daN côté chuteur et donc 250 + 350 = 600 daN maximum sur le mousqueton de renvoi. Cette valeur était trop limite et en tenant compte de tous les frottements (rocher, mousquetons intermédiaires) on sait aujourd’hui que les 600 daN sont généralement largement dépassés, d’où les accidents observés.

Arguant que pour la forme optimale du mousqueton que représente la forme en D, la valeur de résistance doigt ouvert est environ le tiers de celle doigt fermé, les normalisateurs se sont finalement mis d’accord pour une résistance de 7 kN en doigt ouvert. Il faut avoir à l’esprit que cette valeur reste faible et n’exclut pas la rupture possible du mousqueton. Des valeurs supérieures de 8 ou 9 kN sont donc conseillées.
Valeurs obtenues soit par optimisation de la forme (forgeage - plus cher !) ou augmentation de la section (plus lourd).

- Résistance transversale, charge sur le doigt : 7 kN

Dans certaines conditions, heureusement extrêmement rares, le mousqueton peut se retrouver chargé transversalement lors de la chute du grimpeur. Cette valeur de 7 kN a été décidée avec les mêmes arguments que pour le doigt ouvert : assurage dynamique et très faible probabilité de cette configuration.

- Mousqueton de type X

Il s’agit d’un mousqueton de type symétrique utilisé en escalade artificielle (USA, principalement) qui permet de recevoir 2 mousquetons sans que l’un gène l’autre comme c’est le cas pour les formes en D. Leur forme symétrique permet difficilement d’obtenir les valeurs normales de résistance, aussi, considérant qu’en escalade artificielle il y a de toute façon de nombreux points d’assurage, les valeurs de résistance demandée sont de 18 kN (doigt fermé) et de 5 kN (doigt ouvert).

- Mousqueton de type H

Utilisés pour l’assurage sur demi-cabestan (HMS = Halb Mastwurf Sicherung = demi-cabestan, en allemand), ils doivent avoir une forme large en poire et plus ou moins symétrique pour permettre le bon fonctionnement du demi-cabestan. La résistance demandée en doigt ouvert a été ramenée à 6 kN, puisqu’ils servent essentiellement à l’assurage dynamique dont on sait que l’effort maximum est alors de 2.5 kN.

- Mousqueton de type K   (Klettersteig, en allemand = via ferrata).

L’ouverture du doigt doit permettre le passage d’une tige de 16 mm de diamètre et la résistance grand axe doigt fermé doit être au minimum de 25 kN. L’UIAA demande un test complémentaire de résistance de 8 kN lorsque celui-ci est placé en porte à faux sur une arête tranchante.

ARTICLES et RECHERCHES :
Ces mousquetons qui cassent (J.-F. CHARLET -1990)
Mousqueton : Vigilance (démousquetonnages intempestifs)
Mousqueton : Vigilance encore et encore