LES PIOLETS

Normes EN 13089 et UIAA 152

1 – Les piolets peuvent être utilisés comme point d’amarrage en neige

1-1  Résistance du manche

Placé horizontalement en corps mort dans la neige avec comme point d’attache une sangle placée au milieu du manche, il doit pouvoir retenir une chute maximale sans se rompre soit 12 kN, valeur ramenée à 8 kN car le facteur de chute maximal pour une pente à 45 ° n’est pas 2 mais √2, de plus le phénomène de glissade, donc frottements doit être considéré. Placé dans la neige, le manche du piolet est sollicité par une charge répartie sur toute sa longueur. On démontre en résistance des matériaux qu’un tel chargement est équivalent en contraintes et déformations, à celui obtenu par une charge 2 fois moindre appliquée au milieu, les extrémités étant placées sur 2 points fixes.

C’est ainsi que les piolets ont été testés à 4 kN appliqués au milieu du manche, extrémités sur 2 supports fixes (Norme UIAA 1970).

Plus tard, de nouveaux essais (1990) démontraient que des piolets avec manche plus léger et donc moins résistant donnaient d’excellent résultats placés en corps morts dans la neige (sortie de l’amarrage ou rupture du manche pour des valeurs de plus de 10 kN !). Cela provient du fait que le manche se déformant dans la neige (d’ailleurs d’autant plus que sa résistance intrinsèque est faible), créé un tassement de celle-ci, d’autant plus important que la déformation est importante, ce tassement pouvant aller jusqu’à créer un bourlet de glace devant le piolet augmentant d’autant sa résistance en tant qu’ancrage. Ces résultats ont permis de baisser à 250 daN, la valeur de résistance du manche.

1-2 Résistance de la liaison manche/tête

Placé verticalement dans une neige consistante avec comme point d’attache une sangle placée en tête d’alouette sur la tête, le piolet doit pouvoir retenir une chute maximale sans que la tête ne se rompe.

Un raisonnement équivalent à celui suivit pour la résistance du manche (800 daN, facteur de chute maxi  √2, charge répartie/charge sur appuis), puis des essais avec phénomène de tassement de la neige d’autant plus grand que la déformation du manche est grande, ont permis de baisser à 250 daN, la valeur de résistance de l’emmanchement tête/manche.

2 - Les piolets sont utilisés comme point d’ancrage en glace

2-1 Test de fatigue sur les lames

Relativement peut sollicitée par les techniques classiques dites « toutes pointes », la première Norme sur le piolet n’incluait pas de tests sur les lames.
Les problèmes de rupture de lames apparurent au milieu des années 70 avec l’avènement de la technique « piolet traction ».
Les ancrages et désancrages à répétition fatiguent l’extrémité de la lame amenant plus ou  moins rapidement à une rupture de celle-ci si le profil et le matériau de la lame ne sont pas optimisés : arrondis en fond de dents (évite les concentrations de contraintes), choix du matériau et traitements thermiques adéquat. Pour parer à ces difficultés, une révision de la Norme (1990) prévoyait un test de fatigue de la lame. Ce test s’est révélé être peu reproductible car difficile à effectuer. Il a été supprimé lors de la dernière révision de la Norme (2007), en même temps que, sensibilisés par ces problèmes, les fabricants ont largement amélioré les qualités de fabrication et les ruptures de lames sont devenues rares.

2-2 Le test de flexion de la lame

Les valeurs des moments de flexion appliquées sont issues de tests grandeur nature. Ce test impose de bonnes caractéristiques élastiques de la lame, limitant sa déformation permanente lorsqu’un effort latéral important est appliqué au piolet.

Version 2008 des Normes : 2 catégories de piolets

La Norme prévoit deux catégories d’outil à glace et deux catégories de lames :

1 -  Outil à glace et lames de type 1 :

Utilisation en glace et en neige

2 -  Outil à glace et lames de type 2 :

Utilisation en rocher, glace et neige

Un outil à glace de type 2 ou une lame de type 2 permettent une utilisation de l’outil ou de la lame en terrain mixte ou en rocher grâce à une résistance de l’emmanchement (tête-manche) de l’outil et une résistance à la  flexion de la lame de 50 % supérieurs à ceux de type 1.



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