Haute altitude en Antarctique : effet sur le volume de globules rouges

Altérations du volume total de globules rouges et du volume plasmatique lors d’un confinement d’une année en Antarctique: effet de l’hypoxie (ANTARCV)

 

Actuellement en cours, cette étude internationale, coordonnée par l’ENSA et soutenue par l’Agence spatiale européenne, l’Institut polaire français Paul-Emile Victor et l’Institut polaire italien Programma nazionale di ricerca in Antartide, a pour objectif de connaitre l’effet combiné de l’hypoxie chronique et du confinement/isolement lors d’un hivernage en Antarctique sur la régulation du volume de globules rouges et la santé vasculaire. Cette étude, initiée en 2017 par l’ENSA, est réalisée en partenariat avec les universités de Poitiers, Grenoble, Lillehammer et Milan, avec le soutien des médecins hivernants des Terres australes et antarctiques française et de l’Agence spatiale européenne, et des ingénieurs des sociétés Radiometer France et Detalo Instruments.

La station Concordia, Dôme C (photo Paul Robach)

 

Implications potentielles de l’étude

 

 

Cette recherche a deux implications potentielles : 1) l’agence spatiale européenne s’intéresse à l’impact de l’hypoxie sur la santé des astronautes, car cette condition environnementale pourrait être utilisée lors de vols spatiaux lointains, en raison de certains avantages techniques. Toutefois, l’absence d’effets négatifs de l’hypoxie sur la santé doit être vérifiée. Notre étude contribuera à répondre à cette question ; 2) un hivernage d’un an à la station Concordia est un modèle unique d’exposition à l’hypoxie chronique chez l’individu résidant en basse altitude. Les données de notre étude permettront de mieux comprendre l’adaptation hématologique au manque d’oxygène, et seront potentiellement utiles dans un contexte clinique, pour les patients souffrant d’hypoxie chronique.

La station Dumont d’Urville, Terre Adélie (photo Paul Robach)

 

La phase expérimentale en Antarctique est réussie !

 

 

La phase expérimentale se termine actuellement en Antarctique (décembre 2020). Depuis maintenant une année, les médecins hivernant sur sites mesurent chaque mois le volume de globules rouges et le volume sanguin par la méthode du rebreathing au monoxyde de carbone, la viscosité sanguine, l’activité physique, ainsi que plusieurs marqueurs sanguins, dans deux groupes de volontaires hivernants en Antarctique dans le cadre de leurs missions. Un groupe hiverne au niveau de la mer à la station côtière de Dumont d’Urville, l’autre groupe à 3800 m d’altitude à la station Concordia, à l’intérieur du continent antarctique, sur le Dôme C. Le matériel et les échantillons biologiques congelés seront rapatriés au cours de l’année 2021.

Laboratoire ESA, station Concordia (photo ESA/IPEV/PNRA – Stijn Thoolen)